Portrait d'éudiant: Loïc Pfister

Découvrez l'expérience de Loïc Pfister, ancien étudiant LEA et facilitateur de parcours pédagogiques entrepreneuriaux.

English Version

 

1. Peux-tu te présenter et nous dire quel métier tu exerces aujourd’hui ?

Je m’appelle Loïc Pfister. Je travaille actuellement en tant que facilitateur de parcours pédagogiques entrepreneuriaux et également référent pédagogique au sein de l’association Entreprendre Pour Apprendre Grand Est.

Concrètement, je mets en place des parcours pédagogiques appelés Mini-Entreprise® auprès de jeunes âgés de 9 à 25 ans. L’idée de la Mini-Entreprise® est de permettre à des jeunes de tous horizons (scolaires ou extrascolaires) de créer un projet entrepreneurial en situation réelle sur une durée donnée, en général une année scolaire.

Dans les grandes lignes, mon métier consiste à assurer un volet de gestion de projet sur les différentes Mini-Entreprises®, allant de la recherche de partenaires à l’animation à proprement parler, en passant par la conception pédagogique.

2. Peux-tu nous décrire ton parcours depuis la licence ?

À la suite de la licence LEA, je me suis tourné vers un master à l’IRIUS (encore appelé ITIRI à mon époque), en management de clusters et réseaux territoriaux (aujourd’hui intitulé Master Intelligence collective et écosystèmes innovants en Europe).

Ce qui m’avait attiré dans ce cursus, c’était la pédagogie active proposée dans les enseignements, la pluralité et la complémentarité des matières, ainsi que la possibilité de réaliser une alternance en M2.

En licence, nous avons découvert énormément de domaines et de matières, ce qui nous a donné un aperçu de plusieurs spécialités. Les aspects liés à la gestion de projet, au travail d’équipe et à la multiculturalité m’ont toujours intéressé, ce qui a également motivé mon choix de master.

En M2, j’ai pu réaliser une alternance au sein d’une association en tant que chargé de mission financement et partenariats, ce qui m’a permis d’en apprendre davantage sur le monde professionnel et d’appliquer les différents contenus vus en cours.

Après cette alternance, je suis entré pleinement sur le marché du travail en rejoignant Entreprendre Pour Apprendre Grand Est, ce qui constituait une continuité logique entre mon parcours universitaire et le métier de facilitateur de parcours pédagogiques entrepreneuriaux.

3. Est-ce que tu savais déjà ce que tu voulais faire après le bac ? Pourquoi ?

Après le bac, j’étais totalement perdu quant à mon orientation. La seule chose dont j’étais certain était que je souhaitais évoluer dans un environnement international, travailler avec les langues et échanger avec des personnes d’autres nationalités, mais sans savoir précisément quoi faire.

Je pense que le problème vient du manque de connaissance des différents métiers et domaines possibles. Il est très compliqué de se positionner à 17 ou 18 ans sur un projet professionnel qui pourrait définir la suite de notre carrière. C’est pour cela que je savais simplement que je ne voulais pas abandonner les langues, tout en restant ouvert à d’autres matières.

4. Comment et pourquoi as-tu choisi la LEA ?

J’ai obtenu un bac ES (spécialité économie, comme on disait à l’époque). J’ai toujours été intéressé par les langues au lycée ainsi que par les cours de sciences économiques et sociales.

Je m’étais renseigné sur deux cursus à l’université : une licence AES et la licence LEA.

Dans un premier temps, j’ai décidé de m’orienter vers l’AES (Administration économique et sociale), mais je me suis vite rendu compte que cela ne me correspondait pas. Il y manquait justement l’exploitation des langues et l’ouverture sur le monde.

J’ai toujours été très curieux ; j’aime découvrir de nouvelles matières et de nouveaux domaines, ce qui me manquait un peu dans cette licence.

C’est pour cela que je me suis réorienté après ma première année d’AES vers la LEA, afin de renouer avec les langues vivantes, mais surtout de les développer et de les appliquer tout en restant ouvert à d’autres spécialités.

5. En quoi la formation LEA t’a-t-elle été utile dans ta vie professionnelle (ou personnelle) ? Quelles compétences as-tu développées ou renforcées grâce à la LEA ?

La LEA m’a donné une sensibilité aux différences culturelles, mais également aux différences interpersonnelles. C’est probablement la compétence la plus développée à mon sens en LEA : le travail d’équipe et les compétences psychosociales.

Il est rare de travailler autant en groupe et de devoir s’adapter à autant de personnes, parfois avec peu de temps, dans une licence. C’est probablement ce qui s’est le plus renforcé chez moi. Certes, ce n’est pas toujours facile de travailler en groupe, mais au fur et à mesure, on s’améliore !

Évidemment, la prise de parole en public est également très développée en LEA, ce qui constitue un véritable atout dans le monde professionnel. Pouvoir présenter quelque chose de manière rapide, concise et professionnelle est toujours une compétence appréciée.

Cette capacité s’est développée de manière transversale, aussi bien dans les cours de langues que dans les cours d’argumentation et de synthèse. Cela permet aux étudiant·e·s d’être à l’aise à l’oral dans de nombreuses situations.

Nous avons également eu des cours de français tout au long de la licence : synthèse, écriture journalistique, argumentation… Autant de cours qui m’ont permis de développer mon usage du français, d’être capable de synthétiser des idées et de m’adresser de la bonne manière à la bonne personne. C’est vraiment intéressant et utile !

Enfin, les différents exposés et dossiers de groupe donnent aux étudiant·e·s l’occasion de développer leurs capacités à rédiger, à rechercher les bonnes informations et à les mettre en forme.

6. Y a-t-il des compétences acquises en LEA que tu utilises dans ton travail ? Si oui, lesquelles ?

J’utilise de nombreuses compétences dans mon travail actuel, notamment celles que je viens de citer.

Il est important, dans le monde professionnel, d’être capable de travailler en groupe, de prendre le relais sur certains sujets et d’être polyvalent sur différentes thématiques. Ce sont des compétences que l’on acquiert au sein de la licence LEA en naviguant entre les différents cours.

À mon sens, il est indispensable d’avoir une bonne élocution, de savoir débattre, s’adapter à son interlocuteur ou interlocutrice, présenter de manière professionnelle et répondre aux questions posées. Ce sont autant de compétences développées au sein de la licence.

J’ai aussi l’occasion de mettre en œuvre mes compétences linguistiques, notamment en anglais, grâce à des parcours internationaux pilotés depuis le Grand Est, en partenariat avec d’autres pays. Cela implique de m’adapter à d’autres cultures, avec des attentes, des manières de fonctionner et de s’exprimer différentes.

En somme, l’ouverture culturelle développée en LEA m’est très utile !

J’utilise également de nombreuses compétences professionnelles transversales : rédaction de rapports, gestion de projet, analyse de données, traitement de documents, etc.

Sans oublier la curiosité intellectuelle développée au sein de la LEA : apprendre de manière autonome, rechercher l’information, comprendre les enjeux d’un problème et être capable de les restituer. Ce sont des qualités d’autant plus importantes qu’elles sont utiles dans un monde en constante évolution.

7. Où as-tu réalisé ton stage de fin de licence LEA ? Était-ce dans le domaine qui t’intéressait et/ou dans lequel tu travailles aujourd’hui ?

Lors de ma L3, nous étions en pleine période de début de pandémie de Covid-19, ce qui a malheureusement entraîné l’annulation de mon stage de troisième année.

Je devais réaliser un stage dans une entreprise allemande, à Berlin, spécialisée dans le développement personnel, en tant que chargé de mission. Cela aurait été une belle expérience pour consolider mes compétences linguistiques.

À la place, nous avons dû réaliser un dossier, une sorte de « mini-mémoire », avec deux axes : l’un sur notre projet professionnel et l’autre sur une problématique professionnelle.

Je m’étais tourné vers le marketing éthique, un sujet qui me semblait important : les valeurs éthiques mises en avant par une entreprise sont-elles réellement appliquées ou relèvent-elles uniquement d’une stratégie marketing ?

C’était un sujet vaste qui m’avait beaucoup intéressé et qui m’avait permis de mieux comprendre le fonctionnement d’une entreprise, ses enjeux et sa vision.

Je pensais que cela s’éloignait du domaine dans lequel je travaille aujourd’hui, mais finalement, cette réflexion m’aide encore lorsque j’accompagne des projets entrepreneuriaux : quelles sont nos valeurs ? Comment nous assurons-nous de les respecter ? Quelle communication adopter auprès des client·e·s ?

Ce sont des questions intéressantes à poser aux jeunes lorsqu’ils réfléchissent aux projets qu’ils portent.

Cet exercice a également été très formateur pour la suite de mes études, notamment pour la rédaction de mon mémoire de master.

8. Est-ce que le stage de fin de licence t’a aidé à t’insérer professionnellement ou, plus globalement, as-tu considéré cette expérience comme utile ?

Question non renseignée dans le texte transmis.

9. Au-delà des études, as-tu entrepris des activités qui t’ont aidé dans ton orientation, avant et/ou après la licence ? Si oui, comment t’ont-elles aidé à te décider et quel poids ont-elles eu dans ces décisions ?

J’étais très concentré sur mes études, davantage du genre à étudier qu’à avoir des activités extrascolaires.

Pour mon orientation, je me suis toutefois engagé en L2 dans un projet porté par Monsieur Gallet, qui nous proposait de traduire un ouvrage de l’anglais vers le français en parallèle des cours.

En groupe, nous avons ainsi traduit L’Horrible Langue allemande de Mark Twain, une première traduction française de l’ouvrage.

Cette expérience a été très enrichissante, car je m’intéressais également au domaine de la traduction durant ma licence LEA.

En réalisant ce travail, je me suis rendu compte que le métier de traducteur n’était finalement pas fait pour moi. Bien qu’il soit passionnant, il demande une réflexion très individuelle et reste relativement solitaire, alors que j’ai besoin de travailler en équipe, de rencontrer du monde et d’être en mouvement.

10. À quelle fréquence utilises-tu les langues étrangères étudiées en LEA ? (Langue B aussi ?)

J’avais choisi une licence LEA anglais-allemand, avec le japonais en troisième langue.

Autant vous dire que le japonais, hormis sur Duolingo et en regardant des animés, je ne le pratique pas beaucoup.

L’allemand s’est un peu perdu pour moi, faute d’occasions de le pratiquer professionnellement.

En revanche, l’anglais est indispensable, non seulement pour certains projets internationaux, mais également pour effectuer de la veille. De nombreux articles et vidéos sont en anglais, ce qui me permet de continuer à travailler la langue.

Certaines Mini-Entreprises® participent également à des concours européens pour lesquels elles doivent produire des documents en anglais. Cela me permet de les accompagner, de relire leurs productions et de leur proposer des pistes d’amélioration.

En conclusion, je n’utilise pas les langues étrangères quotidiennement, mais lors d’occasions précises. Elles sont néanmoins réellement utiles et constituent un véritable atout dans mon métier.

11. Qu’est-ce qui t’a marqué positivement durant la licence (l’ambiance, la cohésion, les cours, les professeur(e)s, etc.) ?

La licence m’a marqué sur plusieurs points.

Malgré la difficulté de jongler entre toutes les matières et les partiels, j’ai passé trois années inoubliables au Patio, à la cafétéria et surtout au Platane (seuls les plus anciens comprendront !).

Certains cours m’ont particulièrement marqué : civilisation britannique, rhétorique, matières d’application, culture des langues… autant de cours passionnants.

J’ai également eu la chance de passer trois années entouré de professeur·e·s passionné·e·s par leurs sujets. Ils et elles m’ont donné envie de m’investir, de travailler, d’écouter et de m’intéresser davantage.

Je pourrais remercier de nombreux enseignant·e·s qui m’ont marqué par leur bienveillance : Madame Kautzmann, Madame Baudry, Monsieur Gallet, Monsieur Sinclair, Madame Hänsch-Hervieux, Madame Hillenweck…

Je m’arrête là, mais l’ensemble des professeur·e·s restent dans ma mémoire.

La diversité des profils au sein de la LEA est également un élément marquant et positif. Les étudiant·e·s viennent d’horizons variés, ce qui favorise les échanges et permet d’apprendre énormément sur les autres et sur d’autres cultures.

Merci également à la LEA de m’avoir fait rencontrer Fanny, une amie très proche, qui m’a vu passer par toutes les phases qu’un étudiant peut traverser !

Enfin, une pensée pour toutes les salles où j’ai passé des heures à réviser et à restituer des cours avec des amis (mention spéciale à l’amphi 3 de l’ILB).

12. As-tu des conseils à donner aux lycéen(ne)s qui angoisseraient quant à leur orientation ou leur avenir professionnel ?

C’est normal d’angoisser et d’être stressé·e par son orientation. C’est un monde nouveau, un choix que l’on pense définitif et irréversible.

Pourtant, il n’existe pas de mauvaise orientation. Dans la vie, il est normal de tester, d’évoluer, de se tromper et de recommencer avant de trouver sa voie.

L’important est de penser à soi, à ce que l’on aime, à ce qui nous rend curieux, à ce que l’on a envie d’approfondir, puis de se lancer.

Un parcours peut évoluer, changer de direction ou même prendre un chemin totalement inattendu. C’est en expérimentant que l’on apprend et que l’on trouve sa place.

Cette place où l’on se dit : « C’est parfois difficile, mais je suis heureux d’être là. »

En tout cas, cela a été mon expérience.

13. As-tu un petit mot à ajouter (à destination des lecteurs et lectrices de cette interview) ?

N’oubliez pas de profiter de vos années à l’université. Soyez curieux et curieuses de découvrir des matières, des personnes et des parcours afin de vous enrichir et de construire votre réseau.

Et surtout, pensez à vous régaler avec les cookies du CROUS : ils me manquent terriblement !